Deux semaines côte à côte, et rien à voir l’une avec l’autre. Quand réserver, ce qui part en premier, comment j’orchestre le 24 et le 31, et pourquoi je vous conseillerai peut-être janvier.
Chaque année, vers le mois de mai, je reçois les premiers messages pour Noël. Et chaque année, vers le 15 décembre, j’en reçois d’autres, du genre « on aimerait passer le réveillon à Courchevel, vous pouvez nous trouver quelque chose ? ». Je trouve presque toujours quelque chose. Mais ce n’est pas la même semaine, et ce n’est surtout pas le même prix.
Voici le calendrier réel de ces deux semaines, celui que j’applique pour mes clients.
Noël et Nouvel An ne sont pas la même destination
On les met dans la même phrase, mais ce sont deux séjours opposés. La semaine de Noël est familiale, plus calme, presque douce : les enfants sont partout, les chalets sentent le sapin, les stations sont décorées et l’on dîne tôt. Elle a un défaut, qu’il faut connaître : l’enneigement de la troisième semaine de décembre est le plus incertain de la saison, et certaines années, tout le monde skie sur un domaine réduit.
La semaine du Nouvel An est l’inverse : la plus chère de l’hiver, la plus internationale, la plus dense. Les tables sont pleines, les clubs tournent à plein régime, la station est en représentation permanente. C’est très beau, très festif, et objectivement fatigant si vous êtes venu pour skier tranquillement.
Mon conseil, quand on me laisse le choix : Noël avec de jeunes enfants, le Nouvel An avec des adolescents ou entre amis. Et si les deux vous tentent, prenez les deux semaines, c’est fréquent chez mes clients, et c’est souvent moins cher que deux séjours séparés à ces dates.
Ce qui part, et dans quel ordre
Voici la vraie hiérarchie, telle que je la vis chaque année. Elle ne correspond pas du tout à l’ordre dans lequel les gens s’en préoccupent.
- Les chalets. Les plus belles propriétés se replacent d’une année sur l’autre auprès des familles qui les avaient déjà. Ce qui reste sur le marché part six à douze mois à l’avance, souvent en sept nuits imposées.
- Les moniteurs privés. C’est le vrai goulot d’étranglement, celui que personne n’anticipe. Sur ces deux semaines, les meilleurs sont réservés depuis le printemps, et aucun budget ne fait apparaître un moniteur qui n’existe pas.
- Les tables du 24 et du 31. Elles se bloquent en octobre, parfois plus tôt, et les grandes maisons proposent des menus uniques à date fixe sans souplesse.
- Les transferts des 23, 26 et 2 janvier. Ce sont les journées les plus tendues de l’hiver sur les routes de vallée et sur les créneaux hélicoptère.
- Le chef à domicile. Beaucoup de familles décident tardivement de dîner au chalet le 24 ou le 31, au moment précis où les chefs disponibles ont tous été retenus.
Le 24 décembre, tel que je l’organise
Le 24 est une journée courte et très ritualisée en station. Les remontées ferment tôt, la station se prépare, et tout se joue entre dix-sept heures et vingt-deux heures.
En fin d’après-midi, la plupart des stations proposent une descente aux flambeaux des moniteurs, souvent suivie d’une animation et d’une arrivée du Père Noël pour les enfants. C’est simple, un peu désuet, et c’est chaque année le moment que les familles photographient le plus. Je place donc le dîner après, jamais pendant.
Pour le dîner lui-même, je pousse presque toujours le chalet plutôt que le restaurant, et j’assume ce parti pris. Un chef à domicile, une table dressée, les enfants qui montent se coucher quand ils fatiguent, les cadeaux déposés sans logistique de dernière minute : c’est plus beau, c’est plus simple, et cela évite un aller-retour en voiture un soir où toute la station se déplace en même temps. Les grandes tables du 24 sont superbes, mais elles servent un menu unique à heure fixe, et avec de jeunes enfants c’est un pari.
Le 31, et la nuit qui suit
Le réveillon en station suit un schéma assez immuable : un dîner long, un feu d’artifice tiré depuis la station peu après minuit, puis les clubs qui prennent le relais jusqu’au petit matin. Mon travail consiste surtout à faire coïncider ces trois moments, ce qui est moins évident qu’il n’y paraît quand le dîner est servi en cinq services.
- Réservez la table pour 20h ou 20h30, pas plus tard. Un menu de réveillon dure trois heures, et personne ne veut découvrir le feu d’artifice depuis une salle.
- Demandez à l’avance depuis où le feu est visible. Certaines terrasses de chalet offrent la meilleure vue de la station, et c’est souvent le meilleur plan de la soirée.
- Bloquez la table de club dans la foulée du dîner, pas à minuit. À cette heure-là, tout est pris depuis longtemps.
- Prévoyez un chauffeur pour toute la nuit, sur les deux sens. C’est la nuit de l’année où trouver une voiture à trois heures du matin est le plus difficile.
- Si vous avez de jeunes enfants, organisez la garde au chalet dès la réservation du dîner, pas la veille.
Et si vous détestez la foule : janvier
Je perdrais une partie de ma crédibilité à ne pas le dire : la deuxième et la troisième semaine de janvier sont, de loin, les plus agréables de l’hiver. La neige est en général meilleure qu’à Noël, les pistes sont vides, les tables se réservent la veille, les moniteurs sont disponibles, et le même chalet coûte une fraction du tarif du réveillon.
Si vos dates ne sont pas dictées par un calendrier scolaire, c’est la période que je vous recommanderai, et je le fais chaque année en sachant très bien que je vends une semaine moins chère. C’est simplement la bonne réponse.













