The Private Keeper
Les plus belles routes de la Côte d’Azur au volant
Journal
Conseils de séjour·9 août 2026·Par Waël Yattar

Les plus belles routes de la Côte d’Azur au volant

Corniches, Estérel, arrière-pays, presqu’île : les routes que je fais réellement faire à mes clients, la voiture qui va avec, et le bon moment pour partir.

Il y a deux façons de voir la Côte d’Azur : depuis un transat, ou depuis un volant. La première est très agréable. La seconde est celle dont mes clients me reparlent l’année suivante.

La région a cette particularité rare : en une heure de route, on passe du bord de mer à une corniche perchée trois cents mètres au-dessus, puis à un village accroché à une falaise où il ne se passe rien depuis six siècles. Voici les quatre routes que je fais réellement faire, avec la voiture qui va avec, parce que ce n’est pas la même selon le tracé.

Les trois Corniches : de Nice à Monaco

C’est la route mythique de la région, et c’est en réalité trois routes superposées à flanc de montagne. La Basse Corniche longe la mer et traverse Villefranche, Beaulieu et Saint-Jean-Cap-Ferrat : la plus lente, la plus fréquentée, et la plus belle en fin de journée quand la lumière rase l’eau. La Moyenne Corniche passe au-dessus, traverse Èze, et reste mon choix par défaut, le meilleur compromis entre le rythme et la vue. La Grande Corniche, la plus haute, est la plus spectaculaire : vue plongeante sur toute la côte et, par temps clair, jusqu’à l’Italie.

Mon conseil : montez par la Grande, redescendez par la Basse. Vous aurez tout vu, et vous finirez au bord de l’eau. Quelle voiture ? Un cabriolet, sans discussion, c’est la seule route où je pousse systématiquement le décapotable, parce que la vue est autant au-dessus de vous qu’à côté.

La Corniche d’Or : l’Estérel, de Cannes à Saint-Raphaël

Ma préférée, et de loin la moins prévisible pour qui ne connaît que la carte postale azuréenne. Sur une trentaine de kilomètres entre le secteur de Cannes et Saint-Raphaël, la route longe une côte de roche rouge qui plonge directement dans la Méditerranée, ponctuée d’une succession de calanques.

On n’y roule pas vite, et ce n’est pas le but : on s’arrête. Le Trayas, la pointe de l’Aiguille à Théoule, les petites criques où l’on se baigne sans croiser personne en septembre. C’est aussi le seul endroit de la Riviera où je conseille de faire le trajet dans les deux sens : la lumière sur la roche rouge n’a rien à voir le matin et en fin d’après-midi. Quelle voiture ? Une sportive maniable plutôt qu’un très gros SUV, la route est étroite et les virages sont serrés.

L’arrière-pays : Saint-Paul-de-Vence, les gorges du Loup, Gourdon

Quand mes clients ont fait la mer et cherchent autre chose, je les envoie dans les terres, et c’est souvent la journée dont ils me reparlent le plus. On quitte la côte, on monte à Saint-Paul-de-Vence, on continue vers Tourrettes-sur-Loup, on remonte les gorges du Loup et l’on finit à Gourdon, accroché à sa falaise, avec une vue qui redescend jusqu’à la mer.

Comptez la journée entière, pas la demi-journée : la route est lente et c’est très bien ainsi. Et venez hors saison. En août, les villages perchés sont saturés et tout le charme s’évapore dans la file d’attente du parking.

Saint-Tropez et la presqu’île

Un cas à part, parce que la vraie beauté n’est pas sur la route principale : qui, l’été, est un embouteillage avec vue. Ce que je conseille : passer par la route des plages vers Ramatuelle, monter au village, redescendre vers Gassin et pousser jusqu’au col de Collebasse. En vingt minutes, vous avez quitté la foule complètement. Et si vous arrivez depuis Sainte-Maxime, la corniche qui contourne le golfe vaut à elle seule le détour au coucher du soleil.

Quelle voiture ? Ici, une Mini Moke ou un petit cabriolet sont plus justes qu’une supercar. Les routes de la presqu’île sont étroites, les places rares, et personne n’a jamais été impressionné par quelqu’un coincé en marche arrière dans une ruelle de Ramatuelle.

Ce que je conseille avant de partir

  • Roulez tôt. Entre 8h et 10h, les corniches sont à vous ; à 15h en août, ce sont des files.
  • Les contrôles sont fréquents sur les corniches, et la région n’a aucune indulgence particulière pour les plaques de location. Le plaisir est dans la route, pas dans le chiffre au compteur.
  • Faites le plein avant de monter dans l’arrière-pays : les stations se raréfient vite dès qu’on quitte la côte.
  • Les villages perchés se garent mal. Je fais souvent monter un chauffeur en parallèle : vous conduisez la belle route, il récupère la voiture, et vous déjeunez sans penser au stationnement.
  • Hors saison, tout est meilleur. Mai, juin, septembre, octobre : la lumière est la même, la route est vide.
Ma vraie recommandation : ne cherchez pas à enchaîner ces quatre routes en trois jours. Choisissez-en une, prenez la journée entière, arrêtez-vous déjeuner quelque part sans avoir réservé. C’est le seul moment de mon métier où je conseille à quelqu’un de ne rien planifier.

Questions fréquentes

À poursuivre
Sur le même thème

Une demande sur cette destination ?

Demander