Fin septembre, Port Hercule accueille la plus grande concentration de superyachts au monde. Ce qui se passe vraiment à bord, à quai, et pourquoi la ville devient impraticable.
Il y a des semaines où Monaco n’est plus tout à fait Monaco. Le Grand Prix, bien sûr, et fin septembre, le Yacht Show, qui est à mon avis la plus impressionnante des deux, même si elle fait beaucoup moins de bruit. L’édition 2026 se tient du 23 au 26 septembre à Port Hercule, de 10h00 à 18h30, avec une fermeture à 18h00 le samedi.
Port Hercule se vide de ses occupants habituels quelques jours avant, et se remplit d’unités de trente, cinquante, quatre-vingts mètres, amarrées bord à bord sur toute la longueur des quais. On marche entre des coques qui font la hauteur d’un immeuble. Même pour quelqu’un qui travaille avec des yachts toute l’année, la première fois est saisissante.
Ce que c’est vraiment
Il faut être clair sur la nature de l’événement : ce n’est pas une fête, c’est un salon. Le Monaco Yacht Show est le rendez-vous professionnel de l’industrie du superyacht : chantiers navals, brokers, architectes, équipementiers, propriétaires et futurs propriétaires. On y vient pour visiter des bateaux et pour en parler sérieusement.
Cela dit, la vie sociale qui gravite autour est considérable, et c’est souvent ce qui intéresse mes clients : les soirées à bord, les dîners privés dans les hôtels de la principauté, et une densité d’invitations que la ville ne connaît le reste de l’année qu’en mai.
Y accéder
- L’accès au salon est payant et se prépare : les billets se prennent en amont, et certains espaces restent réservés aux invités des exposants.
- La visite d’un yacht en particulier ne se fait pas en se présentant sur la passerelle. Elle passe par le broker ou le chantier, sur rendez-vous, et une demande formulée deux jours avant a peu de chances d’aboutir.
- Les soirées à bord relèvent de l’invitation, pas de la billetterie. C’est la partie où mon travail consiste surtout à savoir qui reçoit, et à le savoir tôt.
- Si votre objectif est simplement de voir le spectacle, les quais publics autour du port offrent déjà une vue remarquable, gratuitement.
Ce que la semaine fait à la ville
C’est le point pratique que personne n’anticipe. Monaco tient sur deux kilomètres carrés, et le salon en occupe le cœur. Résultat : la circulation se dégrade fortement, les hôtels affichent des tarifs de haute saison et se remplissent des mois à l’avance, les tables du soir sont prises, et l’ambiance générale est celle d’une ville en représentation permanente.
Deux conseils que je donne systématiquement. D’abord, si vous venez pour le salon, logez à l’extérieur et faites-vous conduire : Saint-Jean-Cap-Ferrat, Èze, Roquebrune sont à quinze ou vingt minutes et vous dormirez mieux. Ensuite, réservez vos dîners avant vos billets. Cela paraît absurde ; c’est pourtant l’ordre qui évite de passer la semaine à manger n’importe où.
L’autre façon de vivre la semaine
Celle que je préfère, et que je propose de plus en plus : ne pas dormir à Monaco du tout, et arriver par la mer. On affrète un bateau pour la journée, on longe la côte depuis Saint-Jean-Cap-Ferrat ou Cannes, et l’on découvre le port par l’extérieur avant d’y entrer. C’est la meilleure vue de l’événement, elle est très peu partagée, et elle évite entièrement le problème de la circulation.
Et pour ceux qui viennent surtout pour l’ambiance sans intention d’acheter un bateau : la semaine qui suit le salon est délicieuse. La ville se vide, les tarifs redescendent, la lumière de fin septembre est la plus belle de l’année sur la Riviera, et l’on obtient toutes les tables. C’est la période que je recommande à mes clients qui n’ont rien à faire dans un salon professionnel.













