Plages, mer, village et nuits : notre sélection pour vivre Saint-Tropez au-delà de la carte postale.
Saint-Tropez tient dans un mouchoir de poche, et pourtant tout s’y mérite. Ce que je vais vous livrer, ce n’est pas la liste des cartes postales, c’est ce que je conseille vraiment à mes clients pour vivre la presqu’île en initié, et pas coincés dans la foule d’août.
Et je commence toujours par la même question, qui n’est pas « que voulez-vous faire ? » mais « quand venez-vous ? ». Parce qu’à Saint-Tropez, la date décide de tout le reste.
Quand venir : le seul choix qui compte vraiment
- Mai et juin, ma période préférée, sans hésiter. L’eau se réchauffe, les beach clubs viennent d’ouvrir, les équipes sont fraîches, et l’on obtient tout ce qui sera impossible six semaines plus tard.
- Juillet, la montée en puissance. Encore praticable la première quinzaine, saturé ensuite.
- Août, le village est à son maximum de tout : monde, prix, énergie, embouteillages. Si vous venez en août, venez en le sachant et laissez-moi verrouiller très en amont.
- Septembre, la seconde meilleure fenêtre. Mer à sa température la plus douce de l’année, lumière superbe, tables disponibles la veille. Et Les Voiles à la fin du mois, qui sont un spectacle en soi.
- Octobre à avril, un autre village. Beaucoup d’adresses ferment, mais celles qui restent sont vivantes et l’on redécouvre un vrai bourg provençal. C’est ma saison confidentielle.
Les plages de Pampelonne
Le cœur du lifestyle tropézien, et le sujet sur lequel je passe le plus de temps. Première chose à comprendre : Pampelonne n’est pas à Saint-Tropez mais à Ramatuelle, sur près de cinq kilomètres de sable, et il faut compter dix minutes de voiture depuis le village, quarante-cinq un samedi d’août.
Une règle d’or que la moitié des gens ignore : dans chaque restaurant de plage, vos transats doivent être récupérés avant midi ou treize heures, même si votre déjeuner est réservé à 15h30. Passé cette heure, ils sautent, et vous vous retrouvez sans transat malgré votre réservation. Les transats et la table se demandent séparément : c’est l’erreur numéro un.
- Le classique chic : Club 55, La Réserve à la Plage, Jardin Tropezina. On y déjeune vraiment, on y reste l’après-midi, l’ambiance ne bascule jamais.
- Le festif: Loulou, Bagatelle, Casa Amor, Shellona, Gigi Beach. Le déjeuner glisse vers l’après-midi dansant, et dans les adresses les plus fêtardes, les enfants ne sont généralement pas admis au second service.
- Le rang compte autant que l’adresse. Première ligne face à l’eau ou troisième rang derrière le passage de service, ce n’est pas la même journée pour le même prix, et cela se négocie à la réservation, jamais sur place.
Prendre la mer
C’est la demande que je reçois le plus souvent, et de loin la journée dont mes clients me reparlent l’année suivante. Trois programmes font mouche à tous les coups.
- Les 3 Caps : Camarat, Taillat, Lardier. Une dizaine de milles nautiques sur la journée, donc très peu de navigation, la plus belle eau de la presqu’île et un abri disponible quel que soit le vent. C’est celui que je propose en premier.
- Les 3 Îles : Levant, Port-Cros, Porquerolles. Une trentaine de milles nautiques dans chaque sens : magnifique, mais uniquement sur une unité rapide, sinon la journée se passe en navigation.
- Les îles de Lérins avec déjeuner à La Guérite, côté Cannes. Que je réserve toujours en même temps que le bateau, jamais après, en juillet et en août, la table part bien avant le yacht.
Le village, autrement
Mon Saint-Tropez préféré, c’est le matin tôt, avant la foule. Le marché de la Place des Lices, les mardis et samedis matin, où l’on croise autant de Tropéziens que de visiteurs si l’on y est avant neuf heures. Les ruelles de la Ponche, l’ancien quartier des pêcheurs, qui est la partie du village que la carte postale oublie toujours.
Et deux visites que je recommande sans réserve, précisément parce que personne ne les attend ici : la citadelle, qui domine le village et abrite un musée d’histoire maritime, et le musée de l’Annonciade, installé dans une ancienne chapelle près du port. Une collection de peinture remarquable dans un village où l’on ne vient pas pour ça, c’est exactement ce qui la rend agréable. Comptez une heure pour l’une, une heure pour l’autre, et allez-y le matin.
Une journée type, celle que je vends le plus
- 8h30, le village avant tout le monde : café sur le port, marché si l’on est mardi ou samedi.
- 10h00 : départ en bateau vers les caps, baignade, water toys.
- 13h00, déjeuner à bord au mouillage, ou débarquement à Pampelonne pour le premier service.
- 16h00 : retour au village, sieste ou spa, et une heure de boutiques pendant que les rues se vident.
- 20h30, dîner au premier service, celui où l’on s’entend parler.
- 23h00, et à partir de là, cela ne dépend plus de moi.
Avec des enfants
Saint-Tropez a la réputation d’être une destination d’adultes. C’est en partie vrai le soir, et complètement faux la journée, à condition de choisir les bonnes adresses.
- Le premier service dans les beach clubs, à 12h30. Calme, familial, et personne ne vous regardera de travers.
- La plage des Salins et les criques de l’Escalet, plus abritées et bien plus tranquilles que Pampelonne.
- Une demi-journée en mer plutôt qu’une journée entière : au-delà de quatre heures, les plus jeunes décrochent.
- Le sentier du littoral en fin de journée, sur une portion courte, c’est une balade, pas une randonnée.
- Et une baby-sitter pour deux ou trois soirs, décidée avant l’arrivée : c’est la demande dont on me remercie le plus.
Expériences & découvertes
Saint-Tropez ne se limite pas à ses plages, et c’est là que je m’amuse le plus à surprendre mes clients. Quelques idées que j’organise souvent :
- Une dégustation privée dans un domaine de la presqu’île : Minuty à Gassin, Fondugues Pradugues à Ramatuelle. Vingt minutes des plages, et presque personne n’y pense.
- Un atelier parfum, pour repartir avec quelque chose que l’on utilisera toute l’année.
- Un survol en hélicoptère pour découvrir la côte vue du ciel, quelques minutes suffisent à comprendre la géographie de la presqu’île.
- Une Mini Moke pour filer sur les routes de Ramatuelle et de Gassin, qui sont étroites et où une supercar est un handicap.
- Le sentier du littoral entre Ramatuelle et l’Escalet, à l’heure dorée.
La nuit à Saint-Tropez
Et puis il y a la nuit, qui fait autant partie de Saint-Tropez que ses plages. Une chose à savoir avant de s’organiser : ici, rien ne commence avant une heure du matin. Arriver en boîte à minuit, c’est arriver deux heures trop tôt.
- Les Caves du Roy : l’institution, sous le Byblos, sans équivalent sur la côte.
- L’Opéra, dîner-spectacle, quand on veut le grand show.
- Pablo, la fête assumée, Place des Lices.
- Raspoutine, le cabaret russe iconique.
- Lily’s, pour prolonger la soirée.
Les erreurs que je vois chaque été
- Venir en voiture au village en pleine journée. Une seule route dessert la presqu’île, et elle se bloque. Garez-vous une fois pour la semaine, et faites-vous conduire.
- Sous-estimer les trajets. Saint-Tropez–Pampelonne fait dix minutes hors saison et peut en faire quarante-cinq en août. Nice–Saint-Tropez fait 1h30, et davantage.
- Réserver le bateau sans réserver le déjeuner. En juillet et en août, les tables de plage partent avant les bateaux.
- Prévoir un dîner juste après une journée en mer. On rentre en retard, salé, fatigué. Laissez deux heures.
- Arriver un samedi. C’est le jour où toute la presqu’île change de locataires, et où la route ne bouge plus.













