The Private Keeper
Dégustation de vin privée près de Saint-Tropez
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Guides destination·11 août 2026·Par Waël Yattar

Dégustation de vin privée près de Saint-Tropez

À vingt minutes des plages, le rosé se fait dans des domaines que la plupart des visiteurs ne voient jamais. Comment j’organise la journée, et pourquoi je la place un mardi.

Il y a une chose que je trouve un peu triste, chaque été : des gens boivent du rosé de Provence pendant huit jours, à Pampelonne, à bord, au dîner, et repartent sans avoir vu une seule vigne. Elles sont à vingt minutes. Parfois moins.

La presqu’île de Saint-Tropez est entourée de domaines, certains minuscules, d’autres considérables, et la plupart reçoivent, pour peu qu’on s’y prenne correctement. C’est, à mon avis, la meilleure journée « sans bateau » que l’on puisse organiser ici.

Les domaines où j’emmène mes clients

Château Minuty, sur les hauteurs de Gassin, est la porte d’entrée évidente : c’est l’un des noms que tout le monde a déjà bu sans le savoir, le domaine est superbe, et la visite fonctionne aussi bien avec des amateurs qu’avec des gens qui n’y connaissent rien. C’est ma première recommandation quand le groupe est mélangé.

Fondugues Pradugues, à Ramatuelle, joue une autre partition : plus confidentiel, conduit en bio, avec une approche très contemporaine du domaine et de la dégustation. C’est là que j’envoie ceux qui ont déjà fait le tour des grands noms et qui cherchent quelque chose de moins attendu.

Au-delà de la presqu’île, l’arrière-pays varois s’ouvre sur des domaines plus vastes et plus anciens, où l’on passe volontiers la journée entière. C’est une autre échelle, une autre lumière, et cela suppose une heure de route, largement justifiée si vous restez plus d’une semaine.

Ce qui distingue une bonne dégustation d’une visite touristique

La différence tient à une seule chose : qui vous reçoit. Une dégustation au comptoir de la boutique, entre deux cars, ne vous apprendra rien que l’étiquette ne dise déjà. Une visite conduite par le maître de chai ou par un membre de la famille, dans les cuves puis dans les vignes, est une expérience complètement différente, et c’est exactement ce qui se demande à l’avance, jamais sur place.

  • Demandez une visite privée, pas une dégustation ouverte. Le mot compte, et il change tout au moment de la réservation.
  • Prévoyez le déjeuner sur place quand le domaine le propose. Manger au milieu des vignes ce que l’on vient de goûter est la moitié de l’intérêt de la journée.
  • Deux domaines par jour, grand maximum. Trois, on ne se souvient de rien, et je le dis sans ironie.
  • Un chauffeur, évidemment. C’est le seul programme de ce journal où je considère que ce n’est pas une commodité mais une nécessité.
  • Faites livrer vos achats plutôt que de les mettre dans le coffre. Les domaines expédient, et une caisse de rosé dans une voiture à 35 degrés est une caisse de rosé perdue.

Quand y aller

Un mardi ou un mercredi, et le matin. Le week-end, les domaines sont pris d’assaut ; l’après-midi d’août, il fait 34 degrés dans les vignes et la dégustation en souffre. Neuf heures trente, c’est parfait : il fait encore frais, la lumière est belle, et vous êtes rentré pour déjeuner tard ou pour un bain avant le dîner.

Et si vous avez le choix de la période : septembre. Les vendanges se déroulent, le domaine est en pleine activité, on sent l’odeur du raisin partout, et la conversation avec le vigneron n’a rien à voir avec celle de juillet. C’est le seul moment où l’on comprend vraiment ce qu’on est venu voir.

Le meilleur souvenir que mes clients me rapportent de cette journée n’est presque jamais le vin. C’est le moment où quelqu’un leur a expliqué pourquoi ce rosé-là est pâle, et où ils ont compris que ce n’était pas une question de couleur mais de pressurage. On ne boit plus jamais un rosé de la même manière après.

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