Des terrasses sur les pistes aux dîners festifs : mon carnet d'après-ski à Courchevel, celui que je partage vraiment avec mes clients.
Soyons honnêtes deux minutes : à Courchevel, l’après-ski compte presque autant que le ski. À force d’orchestrer les séjours de mes clients ici, je connais le répertoire par cœur : les terrasses où l’on se pose au soleil, celles où ça finit debout sur la banquette, et les tables du soir qu’on ne dégote jamais à la dernière minute. Je vous ouvre mon carnet.
Le déroulé d’une soirée, heure par heure
C’est la chose que personne ne vous explique et qui décide de tout. À Courchevel, l’après-ski n’est pas un moment mais une succession de trois, et rater le premier fait rater les deux autres.
- 15h00-17h00 : l’après-ski sur les pistes, encore en tenue, skis plantés dans la neige. C’est le moment le plus photogénique de la journée et celui que la plupart des gens ratent en skiant jusqu’à la fermeture.
- 17h00-19h30, le retour au chalet : spa, douche, et la seule vraie pause de la journée. Ne la supprimez pas, c’est elle qui permet de tenir le soir.
- 20h30, le dîner, premier service. Celui où l’on dîne vraiment.
- 22h30 et au-delà, le second service et les adresses festives, où la table finit debout et où la soirée bascule.
- Minuit, les clubs, pour ceux qui ont encore la journée de ski du lendemain en tête sans y croire vraiment.
Sur les pistes, dès la descente
L’après-ski, ici, démarre pendant qu’il y a encore du soleil. Mon conseil : ne visez pas dix-sept heures. À cette heure-là, les meilleures terrasses sont déjà pleines et vous poireautez dehors en chaussures de ski, croyez-moi, rien de moins glamour. Arrivez avant, ou faites-vous attendre.
- Baies, mon adresse festive du moment : une programmation de DJ connus tout au long de la saison, c’est là que l’ambiance monte.
- La Folie Douce, côté Méribel : l’institution du clubbing d’altitude, à vivre au moins une fois, et une fois suffit à beaucoup de mes clients.
- Cap Horn, plus champagne-et-vue que débridé, parfait si vous voulez rester élégant. L’une des plus belles terrasses du domaine.
- Le Tremplin, au pied des pistes de 1850, donc idéal en toute fin de journée : on y arrive skis aux pieds et on rentre à pied.
- Bagatelle, le déjeuner qui glisse gentiment vers la fête, pour ceux qui n’avaient pas prévu de skier l’après-midi.
Un point pratique que personne n’anticipe : si vous vous arrêtez en altitude, vérifiez l’heure de la dernière remontée pour rentrer. Sur un domaine aussi vaste, finir l’après-midi du mauvais côté de la montagne signifie une heure de taxi, et à dix-huit heures un samedi, il n’y en a plus.
Le glissement vers le soir
C’est là que Courchevel fait sa magie : on quitte les skis, on file au spa du chalet, et on ressort. Un mot d’expérience : les bonnes tables du soir (comme les restaurants sur les pistes) se réservent des semaines à l’avance en pleine saison. Chaque année, un 31 décembre, on me demande « une table pour ce soir, vous pouvez ? » et chaque année je fais des miracles. Mais entre nous, ne comptez pas dessus.
- Fifty Seats, festif et intime à la fois, un de mes préférés pour lancer la soirée.
- L’Ânerie, l’ambiance qui part, sans jamais se prendre au sérieux.
- La Mangeoire, l’institution festive historique du 1850.
- La Ferme Saint-Amour, le savoyard chic version guinguette.
- Salto, au Rosewood, italien contemporain, ma valeur sûre côté cuisine.
- Matsuhisa, aux Airelles, le Japon d’altitude, pour les soirs où l’on veut marquer le coup.
- Kinugawa, l’autre adresse japonaise que j’aime.
- Les étoilés : 1947 au Cheval Blanc, Slalom 1850, pour le grand soir. À réserver dès l’automne.
Et si vous ne buvez pas
On me pose la question plus souvent qu’on ne l’imagine, et elle mérite une vraie réponse plutôt qu’un haussement d’épaules. L’après-ski de Courchevel se résume souvent au champagne, mais la station a bien mieux à offrir à celui qui n’en veut pas.
- Le spa du chalet ou d’un palace, en fin d’après-midi, quand tout le monde est encore dehors. C’est le meilleur créneau de la journée et il est toujours libre.
- La patinoire et la piscine olympique, qui sauvent beaucoup de fins d’après-midi en famille.
- Une motoneige de nuit une fois les pistes fermées, ou une sortie en chiens de traîneau, les deux se réservent très en amont, ce sont les expériences à offre la plus limitée de la station.
- Une montgolfière au lever du soleil au-dessus des Trois Vallées, qui n’a rien d’un après-ski mais reste le meilleur souvenir que mes clients rapportent d’ici.
- Et simplement le village de 1850 à la tombée de la nuit, vitrines allumées, avant que les tables ne se remplissent.
Au-delà du verre
L’après-ski, ce n’est pas que des verres. Certains de mes plus beaux souvenirs de clients tiennent en trois images : une motoneige lancée dans la nuit une fois les pistes fermées, un soin qui les attendait au retour au chalet, une montgolfière au lever du soleil au-dessus des Trois Vallées. Rien de tout ça ne s’improvise, mais un message à l’avance, et je m’occupe du reste.













