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Restaurants sur les pistes à Courchevel et Megève
Journal
Adresses confidentielles·11 août 2026·Par Mani Martini

Restaurants sur les pistes à Courchevel et Megève

Le déjeuner sur les pistes est le vrai repas de la journée en montagne. Mes tables, les deux services, et pourquoi la plus belle terrasse n’est pas toujours la bonne.

Il y a une chose que les gens comprennent au bout de deux ou trois séjours à la montagne : le déjeuner n’est pas une pause dans la journée de ski, c’est le cœur de la journée. On skie le matin pour y arriver, on skie l’après-midi parce qu’on en sort. Et une semaine se juge autant sur ses six déjeuners que sur son enneigement.

D’où l’importance de savoir ce que l’on réserve. Les tables d’altitude ne se valent pas, et surtout elles ne servent pas au même moment de la journée.

Les deux services : la chose à comprendre en premier

Comme les beach clubs de la Riviera, les restaurants d’altitude fonctionnent en deux temps, et l’écart d’ambiance est considérable.

  • 12h00 ou 12h30, le service calme. On déjeune, on repart skier, l’après-midi est intacte. C’est celui que je réserve pour les familles et pour ceux qui veulent vraiment skier.
  • 14h30 ou 15h00, systématiquement le plus animé. On s’installe, la musique monte, et il n’est pas rare que le repas glisse directement vers l’après-ski sans qu’on ait rechaussé les skis. C’est très bien, à condition de l’avoir choisi.

Mon conseil, qui n’a l’air de rien : décidez d’abord ce que vous voulez faire de votre après-midi, ensuite seulement choisissez l’heure. C’est dans cet ordre que ça fonctionne, jamais l’inverse.

Courchevel : mes tables sur les pistes

  • Le Chalet de Pierres, sur la piste de Verdon, l’institution. Une terrasse plein sud, une carte sérieuse, et ce mélange très particulier de tenue et de décontraction qui fait Courchevel. Si vous ne deviez en faire qu’une, ce serait celle-là.
  • Cap Horn, plus champagne-et-vue que débridé, avec l’une des plus belles terrasses du domaine. Parfait quand on veut rester élégant sans renoncer à l’ambiance.
  • Le Panoramic, au sommet de la Saulire. On y monte autant pour la vue que pour la table, et par temps clair c’est le meilleur point de vue accessible skis aux pieds.
  • La Cave des Creux : plus discrète, sur les pistes, et l’une de mes valeurs sûres quand on cherche à déjeuner sans faire la queue une demi-heure.
  • Bagatelle et Le Tremplin, le registre franchement festif. Le Tremplin est au pied des pistes de 1850, donc idéal en fin de journée ; Bagatelle est le déjeuner qui part gentiment en fête.
  • La Folie Douce, côté Méribel, l’institution du clubbing d’altitude. À vivre une fois, en sachant exactement ce que l’on va y chercher.

Megève : moins nombreuses, plus tranquilles

Megève joue une autre partition. Le domaine est plus doux, les tables d’altitude sont moins nombreuses qu’à Courchevel, et l’on y déjeune plus longuement : ce qui, ici, est un compliment.

  • Idéal 1850 : sur le Mont d’Arbois, la table de référence, avec une vue frontale sur le massif du Mont-Blanc qui justifie à elle seule la montée. Ma première recommandation à Megève, sans hésiter.
  • Le Refuge : plus simple, plus chaleureux, exactement ce qu’on espère d’un refuge de montagne. C’est là que j’envoie ceux qui trouvent le reste trop mondain.
  • La Folie Douce Megève, la version locale de l’après-ski d’altitude, pour ceux qui veulent que l’après-midi bascule.

Ce qui fait la différence entre une bonne et une mauvaise table d’altitude

  • L’exposition. Une terrasse plein sud à midi en février, c’est une journée entière de soleil ; la même table à l’ombre à 15h, c’est dix degrés de moins et des manteaux sur les épaules.
  • L’accès. Vérifiez toujours par quelle piste on arrive et par quelle piste on repart. Un restaurant magnifique au-dessus d’une rouge que votre groupe ne descendra pas, c’est un problème, pas une adresse.
  • Le retour. Certaines tables sont sur un secteur d’où il faut une heure pour rentrer. À 15h30, avec les remontées qui ferment, cela se planifie.
  • La météo. Les terrasses se vendent au soleil ; un jour de brouillard, la même adresse n’a plus aucun intérêt et il vaut mieux basculer sur une salle chaleureuse. Je change de réservation le matin même, souvent.
  • L’heure de réservation, encore une fois. Sur les semaines de vacances, les meilleures terrasses partent des semaines à l’avance, et « je connais quelqu’un » ne suffit pas toujours.
L’erreur que je vois le plus souvent : réserver la plus belle terrasse du domaine au second service, le jour où l’on avait prévu de skier tout l’après-midi. On ne skie pas. On ne l’a jamais regretté sur le moment, seulement le lendemain matin.

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