Le chauffeur n’est pas un luxe ici, c’est une solution à un problème très concret. Et la sécurité, quand elle est bien faite, ne se voit pas du tout.
Je commence par le contre-argument, parce qu’il est honnête : sur une grande partie de la Riviera, on peut très bien se passer de chauffeur. Si vous logez dans Cannes et que vous dînez dans Cannes, une voiture est un encombrement. Je le dis à mes clients, et cela m’arrive de décommander une réservation.
Cela dit, il y a quatre situations où c’est l’inverse, et où l’absence de chauffeur gâche une journée entière.
Quand cela change vraiment quelque chose
- Les villages perchés et l’arrière-pays. Saint-Paul-de-Vence, Èze, Gourdon, Ramatuelle : le stationnement y est rare et pénible. Vous montez la belle route, on récupère la voiture, vous déjeunez sans y penser.
- Les dîners. C’est l’usage le plus évident et le plus fréquent : personne ne devrait conduire sur les routes de la presqu’île à deux heures du matin, et la question ne se pose même pas quand la soirée s’étire.
- Les transferts d’aéroport en haute saison. Nice–Saint-Tropez en août, avec des bagages et des enfants, dans une voiture de location non familière, est une expérience dont on se passe volontiers.
- Les journées à plusieurs points. Vignobles le matin, déjeuner ailleurs, plage l’après-midi : c’est là qu’un chauffeur qui connaît la région fait gagner deux heures sur la journée, simplement en sachant par où passer.
Ce qui distingue un bon chauffeur
Pas la voiture. La voiture, tout le monde l’a. Ce qui distingue un bon chauffeur, c’est qu’il connaît la région et pas seulement le GPS : il sait à quelle heure la route de Pampelonne se bloque, où se garer près d’une adresse où il n’y a pas de place, et par où sortir de Cannes un soir de Festival.
Ensuite, la discrétion. Un bon chauffeur n’entend rien, ne raconte rien, et se rend invisible pendant que vous déjeunez. C’est une compétence, et elle est plus rare qu’on ne le pense.
Enfin, la constance : le même chauffeur toute la semaine plutôt qu’un nouveau chaque jour. Au bout de deux jours, il connaît vos habitudes, l’heure à laquelle vous êtes réellement prêts (jamais celle que vous aviez annoncée) et le siège auto est déjà installé.
La sécurité : de quoi on parle réellement
C’est un sujet sur lequel il faut être précis, parce qu’il est souvent mal compris. Dans l’immense majorité des cas, mes clients n’ont pas besoin de gardes du corps. Ils ont besoin de trois choses beaucoup plus simples, et qui suffisent.
- La discrétion des mouvements. Ne pas annoncer où l’on va, ne pas publier en temps réel, ne pas laisser une villa vide et éclairée sans que personne ne passe.
- Un chauffeur formé, ce qui n’est pas la même chose qu’un garde. Il sait où se placer, ne laisse pas la voiture sans surveillance et connaît les sorties.
- La gestion des objets de valeur : coffre à la villa, bijoux qui ne dorment pas dans une chambre d’hôtel, sacs qui ne restent pas sur une plage pendant qu’on se baigne. La quasi-totalité des mauvaises histoires que je connais sur cette côte relèvent de ça, et de rien d’autre.
Une protection rapprochée en bonne et due forme existe, se met en place et se justifie dans certains cas : une personnalité exposée, un événement public, un contexte particulier. Elle se prépare en amont, elle est encadrée, et elle ne s’improvise pas la veille. Quand un client me la demande, ma première question est toujours : qu’est-ce qui vous inquiète précisément ? La réponse détermine tout, et elle conduit souvent à un dispositif plus léger que ce qui était envisagé.













